Le rider d’Orsières Yann Rausis face à la dure réalité d’un retour de blessure

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Grégory Cassaz

Le Valaisan Yann Rausis revient sur sa saison 2020. Une saison au cours de laquelle il a retrouvé l’élite mondiale du freeride après une blessure au genou.

Yann Rausis a peut-être vécu sa dernière manche de l’hiver comptant pour le Freeride World Tour dimanche dernier à Fieberbrunn dans le Tyrol autrichien. «Peut-être.» Parce que s’il n’est mathématiquement pas qualifié pour la grande finale qui aura pour cadre l’Xtreme de Verbier à la suite de sa 20e place au général de la saison, l’Orsérien pourrait malgré tout se retrouver au sommet du Bec des Rosses fin mars. «Franchement, je ne sais pas si je bénéficierai d’une invitation ou non», confie Yann Rausis dont la saison n’est quoi qu’il en soit pas encore terminée. Le 21 mars prochain, il tracera sa ligne sur le Mont-Gond lors de la Nendaz Freeride, étape du Freeride World Qualifier estampillée 4 étoiles.

Ma huitième place n’est pas un si bon résultat en soi. Mais je suis avant tout content d’avoir enfin pu proposer un run maîtrisé et propre dans lequel j’ai pu mettre du style.

A domicile, le Bas-Valaisan de 26 ans aura l’occasion de confirmer sa belle performance de Fieberbrunn, la plus aboutie de sa saison. «Ma huitième place n’est pas un si bon résultat en soi. Mais je suis avant tout content d’avoir enfin pu proposer un run maîtrisé et propre dans lequel j’ai pu mettre du style. Cela me prouve que je peux montrer du vrai ski. Je peux m’appuyer sur ces bases-là.»

Quand le corps contredit le mental

Voilà quelques semaines que Yann Rausis courait après un tel résultat. Seulement voilà. Son hiver ne s’est pas forcément déroulé tel qu’il l’aurait souhaité. Encore incertain quelques semaines avant le grand départ du Tour mondial début janvier à la suite de sa blessure au genou, il avait finalement pris la décision de s’élancer malgré tout. «Sincèrement, je pensais que ce serait plus simple de revenir», avoue le Valaisan qui, au fil des étapes, a dû se résoudre à l’évidence qu’un retour prend plus de temps que ce qu’on peut imaginer. «C’est quand tu te retrouves dans l’arche de départ d’une compétition que ton état réel se révèle. J’ai dû accepter cette situation. Accepter, notamment, que ça ne va pas toujours comme tu le veux. Le mental et la confiance prennent du temps à se reconstruire. Inconsciemment, on fait aussi preuve de plus de prudence. Même si tu es bien dans la tête, le corps a tendance à te retenir.»

C’est quand tu te retrouves dans l’arche de départ d’une compétition que ton état réel se révèle.

Le même chemin si c’était à refaire

Yann Rausis ne regrette pas d’être revenu sur le Tour cette saison déjà pour autant. «Si c’était à refaire, j’aurais pris la même décision», assure l’ingénieur physicien diplômé de l’EPFL qui ne cache pas avoir traversé des périodes relativement compliquées. «Je me suis parfois dit que j’aurais dû me montrer plus patient, que revenir cet hiver était une mauvaise décision. Mais d’avoir pu partager autant avec les autres riders m’a aidé. L’effet de groupe et la solidarité m’ont beaucoup apporté. J’ai pu profiter d’une émulation absolument incroyable. Au final et avec du recul, je pense que j’ai donc bien fait de me forcer un peu à réintégrer le circuit.»

J’ai pu profiter d’une émulation absolument incroyable. Au final et avec du recul, je pense que j’ai donc bien fait de me forcer un peu à réintégrer le circuit.

Un circuit que Yann Rausis est d’ores et déjà certain de retrouver en 2021. En début de saison, les organisateurs du Freeride World Tour lui avaient en effet assuré qu’il pourrait prendre le départ, peu importent les contours qu’allait prendre sa saison 2020.

Grande première pour Carl Renvall

Si Yann Rausis n’est pas encore certain de participer à l’Xtreme de Verbier, Elisabeth Gerritzen et Carl Renvall ont eux validé leur sésame pour la grande finale du Freeride World Tour avec brio. Dixième du général, Renvall a su se hisser parmi les treize meilleurs skieurs qui sont conviés au col des Gentianes. Le Valaisan de 23 ans vivra ainsi sa grande première sur le Bec des Rosses en compétition. Qui plus est lors d’un événement qui célébrera ses 25 ans d’existence. Ce dernier sera accompagné par la Verbiéraine d’adoption Elisabeth Gerritzen, cinquième côté féminin avant l’ultime rendez-vous de la saison. La Lausannoise d’origine entend d’ailleurs bien y défendre sa couronne, elle qui s’était imposée sur la mythique face valaisanne l’année dernière.